Actuellement,
environ 10% des patientes enceintes dépassent le terme théorique
prévu . La réalisation d’une échographie avant
12 SA a permis de diminuer cette fréquence des dépassements
de terme en permettant de préciser le début de grossesse
à plus ou moins 5 jours. La fréquence des dépassements
de terme serait ainsi estimée après correction à
1% . La gestion des patientes dépassant leur terme est réputée
comme grevée d’un pronostic défavorable, et la mortalité
et morbidité néonatale est estimée comme augmentée
entre 41 et 42 SA .
Le protocole du service propose une surveillance rapprochée jusqu’à
41+5 jours suivie d’un déclenchement ou d’une maturation.
Ce protocole s’appuie sur l’augmentation documentée
de la morbidité associée au dépassement de terme
et en particulier à partir de 41 SA.
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La littérature
est abondante sur le sujet est parfois contradictoire. La plupart des
auteurs préconisent un déclenchement à partir de
42 SA. Entre 41 et 42 SA, les avis sont partagés.
Le registre suédois démontre qu’il existe une augmentation
de la mortalité périnatale surtout pour les primipares
à partir de 41 SA et à partir de 42 SA également
chez les multipares .
L’étude la plus importante est celle d’Alexander
et al., étude rétrospective qui étudie le pronostic
de 56 317 grossesses. Le pronostic à 40 SA est comparé
à celui de patientes accouchant à 41 SA et à 42
SA . Ces auteurs induisent le travail à partir de 42SA. Ils ne
retrouvent pas de différences en terme de devenir néonatal,
en revanche ils notent une augmentation de la durée du travail,
une augmentation des taux de césariennes et d’extractions
instrumentales. Ces auteurs ne préconisent donc pas d’induction
à 41SA car cette attitude augmenterait les complications du travail
sans bénéfice néonatal. Les grossesses sont datées
d’après les données échographiques si cette
donnée était disponible, sinon était datée
d’après la hauteur utérine et la DDR.
En 1994, une étude randomisée portant sur 440 patientes
ne montre pas de différence significative entre l’expectative
et le déclenchement du travail, concernant les taux de césariennes
et la morbidité et mortalité néonatale .
La plus grande étude comparant expectative au déclenchement
est celle de Hannah et al.. Cette étude randomisée compare
l’induction à 41 SA à une surveillance par monitoring
. Elle constate une diminution du taux des césariennes dans le
groupe induction ( 21,2 versus 24,5 %), qui concerne surtout une diminution
des césariennes pour souffrance fœtale (10,3 versus 12,8%).
Mais aucune différence n’est constatée concernant
la mortalité et morbidité néonatale.
La réalisation d’une échographie précoce
ne fait pas partie des pratiques courantes aux Etats-Unis ou au Canada.
Il est donc probable qu’une partie de la population considérée
comme en DDT, en réalité ne l’était pas.
Les protocoles et recommandations établis à l’étranger
ne peuvent pas être transposés aux pratiques françaises.
En effet, même si la plus part des études ne montrent pas
d’augmentation des taux de césariennes (voire une diminution
des césariennes pour souffrance fœtale), le bénéfice
néonatal du déclenchement à 41 SA n’est pas
démontré. De plus des études récentes montrent
que le déclenchement du travail essentiellement chez la primipare
est associé à une augmentation des taux de césariennes,
extractions instrumentales . Ceci n’est cependant pas observé
chez la multipare. Les multipares en dépassement de terme pourrait
probablement être gérée selon un protocole différent.
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